
Du PC aux Verts, tous les grands partis de gauche se sont mis dans cette logique qui consiste à se rendre compte un peu tard des erreurs qu’ils préfèrent souvent attribuer aux adversaires même si parmi eux certains ont l’honnêteté de reconnaître que les 15 ans de socialisme n’ont pas fait forcément mieux que d’autres politiques.
Mais il n’est pas question dans ces lignes de demander un mea culpa de la gauche, mais plutôt de faire l’analyse de la démarche de ces grands partis dans de telles situations, tellement ces réactions montrent le décalage entre une réalité sociale et humaine, et les comportements et mentalités politiques.
En effet, et sans vouloir tirer la couverture vers nous, Pas à Pas a mis en place des espaces de débats, de réflexion autant que de formation (colonisation, immigration, politiques d’intégration, politiques de la ville) et rares sont ceux des dits partis à s’être présentés dans ces espaces afin d’y assumer leur responsabilité d’élus, d’acteurs politiques, de militants ou tout simplement de citoyens. Nous saluons et remercions ici ceux qui ont eu la présence d’esprit de se sentir concernés.
La question ne se poserait pas si des partis comme le PC ou les Verts Isère plus récemment, ne se penchaient aujourd’hui sur ces mêmes problématiques mais en étant absents des espaces mis en place par des associations autonomes de terrain telles que Pas à Pas. Au vu de ce que nous proposent les Verts Isère, je cite : « Les Verts de l’agglomération proposent : des rencontres et des débats pour élaborer ensemble un programme de réponses avec toutes les associations citoyennes de terrain,[…] l’organisation des états généraux des banlieues, le lancement de forums… », nous ne pouvons être que consternés devant tant de paternalisme et de démagogie.
Ceux qui hier représentaient encore une alternative, issue d’une pensée de gauche, qui donnaient l’espoir d’un renouvellement tant dans les objectifs que dans la méthode, sont devenus aujourd’hui semblables à ces grands partis électoralistes, incapables de s’asseoir avec la France d’en bas, et qui éternellement demandent à cette France d’en bas de monter écouter et regarder la France d’en haut décider et gérer, à l’instar du maire de Grenoble qui nous dit : "quand vous serez plus nombreux, rappelez-nous". Il reste paternaliste et hautain comme une troisième république quand certains parlent de la nécessaire sixième.
Nous vous interpellons, ô Verts Isère. Avec qui allez-vous parler des problèmes de la jeunesse des quartiers si vous n’êtes pas capables de descendre l’écouter ? Avec qui allez-vous organiser des états généraux des quartiers (et non pas banlieues qui est un terme parisianiste) si vous n’avez aucun encrage dans ces dits quartiers ? Comment osez-vous inviter des associations de terrain quand vous n’avez même pas répondu à leur invitation ?
Je vous rappelle aussi que Pas à Pas organise le 4 février une conférence dans lequel interviendra Ali Rahni, militant des Verts à Roubaix, sur la thématique [*« la gauche et les cités »*]. Je vous invite aussi à porter un regard à la journée du 16 avril 2006, « un vélo pour tous » organisée par nos soins, qui permettra de parler entre autre des transports urbains dans l’agglomération.
Mais il semblerait que vous oubliiez assez vite ces populations des quartiers qui ont voté pour vous lors des dernières régionales, et que vous ne reveniez les voir qu’en vue de 2007. C’est à cette époque que des personnes comme le député maire Noël Mamère avaient eu le courage politique d’aller contre la pensée unique sur les sujets du foulard ou de la Palestine, et avaient redonné fierté et goût à un discours aseptisé et formaté. Ou bien peut être l’autonomie politique de ces associations issues des quartiers vous dérange-t-elle ? En tout cas, votre initiative est complètement décalée voir immature politiquement et nous montre, contrairement aux apparences, une certaine incapacité au débat.
Méditons sur ces quelques ver(t)s...
Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi : n’y suis-je point encore ?
Nenni- M’y voici donc ? -Point du tout. M’y voilà ?
Vous n’en approchez point."La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages. Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages.


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