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Pauvre Islam de France

Depuis l’époque coloniale la France a gardé une continuité et une fidélité dans ses relations à l’Islam et aux Musulmans. Quelques mots clé caractérisent ces relations : contrôle, suspicion et répression.

Nous avons eu les Bureaux des Arabes instaurés en 1844 par la France en Algérie qui auront pour but de faciliter l’infiltration grâce au renseignement et de mieux connaître les populations autochtones pour faciliter la colonisation et ces bureaux pousseront l’hypocrisie jusqu’à prétendre << défendre >> les intérêts des Indigènes face à l’avidité des Européens : (c’est peut être l’un des rôles positifs de la colonisation qu’a voulu nous rappeler la loi du 23 Février 2005.)

Puis viendra la CIAM (commission interministérielle des affaires musulmanes) instaurée en 1911 dont le but était de donner à la France une meilleure connaissance des données islamiques pour mieux déraciner une identité pour la substituer par une autre. C’est Alfred Lechatelier ancien officier des Bureaux Arabes puis des Affaires Indigènes qui en 1910 eut l’idée de créer une institution de préparation et de contrôle des questions musulmanes. Et pour ce faire tous les moyens seront utilisés : main mise sur les Habous, nationalisation de l’enseignement de l’Arabe et des Mosquées, interdiction de publications, livres , affiches etc . et même organisation du pèlerinage à la Mecque avec achat d’hôtels à la Mecque et à Médine pour "accueillir" les pèlerins qui en fait seront surveillés pour éviter qu’ils ne soient contaminés par le souffle de la Nahdha au Moyen Orient et afin de prévenir tout contact avec d’autres mouvements nationalistes pan-arabistes et pan-islamistes.

La CIAM ancêtre du CFCM ?

A partir de 1931 la CIAM envisage la participation en son sein de 5 représentants musulmans notables, nommés par les autorités françaises qui siègeront avec différents représentants des ministères dont celui de la guerre. Puis en 1935 le gouvernement Laval décide d’élargir la CIAM à 5 autres membres élus , et puis après avoir rempli sa mission et avoir essuyé de vives critiques de la part des musulmans qui y ont vu l’anti chambre de la trahison, la CIAM disparaitra en Avril 1937. [1]

Déjà à cette époque, la nomination de ces 5 représentants musulmans par le gouvernement français et la proposition de leur rémunération par Aristide Briand alors président du Conseil et ministre des affaires étrangères augurait des rapports d’instrumentalisation et des entorses à la laïcité que commettra allègrement notre ancien ministre de l’intérieur Nicolas Sarkosy lors de la création du Conseil Français du Culte Musulman dans lequel il a nommé les personnes de son choix , et auparavant en ayant nommé son Préfet Musulman.

Continuité coloniale ?

Comme elle l’a fait durant les colonies , en s’immissant dans les affaires religieuses et en cherchant à promouvoir une élite indigène en vue de remettre en cause les enseignements religieux comme ceux qui étaient prodigués par la célèbre Zaytouna en Tunisie, la France jusqu’à ce jour et certainement pour longtemps encore, cherche à promouvoir une élite post-colonisée qui continue sa sale besogne. Voici ce que disait un bulletin de renseignements militaires daté du 17 Août 1920 : << en ouvrant aux enfants de cette bourgeoisie, les portes de nos lycées et nos facultés , en les soustrayant ainsi aux enseignements rétrogrades de la Djama-Zitouna , nous avons donné libre cours à leur activité intellectuelle, nous les avons délivrés des limites étroites et bornées des règles coraniques. [2]

Ceux qui se disent musulmans et que la classe médiatico-politique nous présente comme les bons musulmans, qui pour la plupart n’ont aucune idée de la direction de la Qibla et n’ont jamais apprécié la rupture d’un Jeûne et qui picolent ou se droguent et pour beaucoup de tunisiens, en particulier, insultent Dieu plusieurs dizaines de fois par jour avec une banalité consternante. C’est leur droit de se dire musulmans, mais alors comment qualifier celles et ceux qui pratiquent les 5 piliers de l’Islam ? les Intégristes, les Fondamentalistes, les Islamistes, et puisqu’on y est et que c’est à la mode : les potentiels terroristes. Vous remarquerez que lors des bulletins d’informations en France, on nous parle parfois de présumés islamistes, c’est-à-dire présumés coupables. Encore mieux : notre secrétaire d’état post-colonisée Fadela Amara vient de nous apprendre sur une chaine de télévision le 10 Février 2008 qu’il y avait plus grave que l’économie parallèle (c’est-à-dire vendre de la drogue pour détruire des êtres humains) l’islamisme dans nos quartiers. Donc musulmans de France et du monde, lorsque vous faites de la politique au nom de vos références religieuses vous êtes coupables, et plus dangereux que les dealers et leur drogue, alors que nos amis Marxistes, Libres Penseurs ou Catholiques et Juifs engagés politiquement eux, font OEuvre utile pour répandre les lumières ou la Justice sociale.

Permettez moi donc de les appeler les Arabes ou les Berbères puisque certaines personnes nous disent à juste titre qu’elles ne sont ni arabes ni musulmanes mais Kabyles par exemple et d’autres Arabes amalgamés aux musulmans nous disent nous sommes Chrétiens ou Athés.

La France pourtant ne les reconnait pas en tant que musulmans puisqu’elle ne les associe pas au CFCM Conseil Français du Culte Musulman, par exemple bien que certains d’entre eux remplissent une "sacrée fonction pour la Mère Patrie".

Dans ces serviteurs il existe deux catégories : la première qui OEuvre par conviction et nous fait subir les dégâts collatéraux de leurs discours, en nous faisant passer pour les ennemis des valeurs occidentales, républicaines ou démocratiques, qui seraient dogmatiquement leur espace exclusif ; et la deuxième catégorie qui serait la catégorie des alimentaires des calculateurs , prêts, pour certains, à offrir des services moyennant finances (subventions, emplois etc.) et une sous- catégorie d’affamés prêts à vendre père mère et honneur (car la religion et les principes c’est déjà fait depuis longtemps, parfois même avant de prendre le bateau ou l’avion), et dont certains commencent à se réveiller depuis que certains masques sont tombés avec la venue de Hirsi Ali qui attaque ouvertement l’Islam et les Musulmans et non plus l’intégrisme ou l’extrémisme.

Je vous invite à visiter le Blog de Mohamed Sifaoui qui crache sur ceux qui l’ont instrumentalisé et qui refuse comme certains politiques d’origine arabe, avec qui j’ai discuté, de servir de chair à canon pour tirer sur les leurs.

Quelque soit la catégorie concernée, elles ont toutes une même particularité c’est de parler pour nous , de penser pour nous, de s’ériger en spécialistes de l’islam et des Musulmans, de nous prendre pour leur objet d’étude ou nous présenter comme le mauvais objet de la société et ils ont la fâcheuse tendance à reproduire les rapports de domination que leur fait subir la classe médiatico-politique qui les larbinise.

STRATEGIE IMPERIALISTE

Les forces d’occupation impérialistes occidentales ont compris avec les invasions et les massacres en Irak, en Afghanistan et en Palestine et leurs soutiens aux dictateurs sanguinaires, qu’elles sont de plus en plus rejetées et vomies par les populations musulmanes dans le monde .

C’est pourquoi elles mettent en place actuellement une campagne internationale, qui profite aux affamés et aux autres, et qui vise à changer l’image de cet Occident envahisseur et arrogant en tentant de se rapprocher des musulmans ou mieux comprendre leur fonctionnement, à travers des campagnes de financements d’études sur l’Islam, la culture musulmane, la place des religions , le dialogue des cultures et même l’islamophobie et les discriminations qu’ils subissent. Cette campagne, , va même jusqu’à faire pression sur certains dictateurs pour faire une place dans le jeu politique à certains mouvements dits islamistes, à condition bien sûr qu’ils restent dans l’Axe du Bien de Monsieur Bush et qu’ils avalent le maximum de couleuvres occidentales évidemment.

C’est pourquoi les musulmans de France , en particulier, doivent être très vigilants sur les discours et les pratiques de certains hommes politiques et à leur tête le chef de l’Etat, qui sont prêts , en plus d’accorder des subventions ou des reconnaissances, à ébranler le socle de la République et du vivre ensemble pour instaurer des rapports clientélistes avec la << communauté musulmane >> qui, ne voyant que le bout de son nez et les constructions de ses mosquées, tomberait dans le piège, qui à long terme serait mortel pour elle , et lui clouerait le bec pour longtemps comme ça commence à être le cas pour la question palestinienne, qui tendrait à devenir une question taboue dans les mosquées et les prêches du Vendredi et l’expulsion de dizaines d’imams dans le silence assourdissant de nos chers représentants du culte musulman.

Abdelaziz CHAAMBI Lyon le 20 Février 2008

Notes

[1] La politique musulmane de la France au XXème siècle de Pascal Le Pautremat , édition Maisonneuve et Larose

[2] idem