
« Une indépendance complète de la pensée à l’égard de l’expérience concrète n’est pas possible » Mohammed Iqbal
« Personne n’a encore réalisé une révolution victorieuse sans théorie révolutionnaire » Amilcar Cabral
Depuis plusieurs années des militants de banlieues cherchent à constituer un mouvement politique autonome afin de faire valoir leurs points de vue, et celui des quartiers populaires, dans le champ politique.
Cette volonté de création d’un mouvement politique autonome est restée jusqu’à maintenant dans la sphère de la prospective intellectuelle de quelques militants qui possédaient pourtant une expérience certaine de l’engagement dans différents domaines.
Il parait évident, avec le recul, que les raisons de la non création de ce mouvement sont multiples et ne peuvent en aucun cas être ramenées à un facteur unique.
Mais parmi ces facteurs multiples, il nous semble évident que le manque d’engagement dans le travail conceptuel, intellectuel et théorique, fut l’un des facteurs déterminant qui a empêché la constitution d’un mouvement politique autonome.
En effet, pendant des années ces militants se sont engagés sur le « terrain » sans tracer de perspectives sur le long terme. Ils se sont mobilisés au coup par coup avec des gens et pour des causes qui leur paraissaient justes sans réussir à développer une action politique globale.
Malgré la justesse des causes défendues, et la nécessité qu’il y avait à les défendre, cette pratique militante a montré ses limites pour la construction d’un mouvement politique autonome. Ainsi la nécessité de développer une action politique plus large met en évidence l’exigence de mener une réflexion de fond sur les actions passées et sur les perspectives futures.
A la suite de Lénine affirmant qu’il ne pouvait pas y avoir de parti révolutionnaire sans théorie révolutionnaire, nous pensons qu’il ne pourra y avoir de mouvement autonome sans réflexion autonome.
Ce manque d’engagement dans le travail intellectuel a souvent été justifié par une rhétorique « anti-intellectualiste » qui n’accordait de valeur qu’à « l’action » où à l’engagement de « terrain ».
Pourtant il apparaît évident que tout engagement sur le « terrain » nécessite un minimum de qualification technique, c’est-à-dire d’activité intellectuelle créatrice pour organiser l’action. Malgré cela, ceux qui étaient intéressés par les idées et la réflexion ont trop longtemps été qualifiés d’« intellectuels déconnectés des réalités ». Comme si les idées et leur histoire ne faisaient pas partie du « réel » ?
Cet « anti-intellectualisme » a réduit l’action militante et l’engagement politique à une vaste entreprise de protestation contre des injustices réelles. Si ces protestations étaient totalement justifiées et incontestablement légitimes, elles étaient en elles-mêmes insuffisantes pour créer un mouvement réellement politique.
Pour cela il était, et il est toujours, nécessaire de dépasser la phase de protestation relative à des problèmes concrets pour passer à la production d’idées « abstraites » permettant d’orienter une action politique dans la durée.
Ce passage doit permettre de passer d’une action momentanée et liée à un évènement particulier, à une action permanente liée non plus à une conscience de la nécessité de lutter contre une injustice mais à une conscience politique liée à la défense d’un projet.
Le mouvement, s’il veut évoluer dans un sens véritablement politique, se doit aujourd’hui de passer du moment purement protestataire, « associatif-revendicatif », au moment « éthique-politique », « c’est-à-dire de l’élaboration supérieure de la structure en superstructure dans la conscience des hommes »[1].
Cette catharsis, au sens de Gramsci, nécessaire pour permettre au mouvement un « saut qualitatif », n’a, pour le moment, pas été rendu possible par manque de réel engagement dans le travail de définition théorique puisque ce travail à toujours été compris en opposition à la pratique.
Pourtant si l’on se penche véritablement sur la question, il parait clair que l’opposition entre la théorie et la pratique n’est qu’une fausse opposition qui ne peut être défendue que par légèreté.
L’opposition au travail de réflexion au nom de l’engagement de terrain a souvent permis de justifier un discours « spontanéiste » peut à même de favoriser la construction d’un réel mouvement politique.
Ainsi, furent mis en avant les mouvements de révolte répondant à un évènement immédiat dont la portée générale est limitée et par conséquent ne remettant pas en cause les structures de la société et de l’Etat.
Ces luttes et ces résistances spontanées traduisent un éveil de la conscience politique des individus en montrant la nécessité d’une résistance collective qui rompt délibérément avec la soumission, parfois inconsciente, aux pouvoirs.
Même si ces luttes spontanées sont positives, il est nécessaire d’en souligner les limites afin de faire progresser le processus d’organisation sur des bases politiques. La spontanéité, formée à travers l’expérience quotidienne, est limitée car elle ne permet pas une réelle prise de conscience politique globale mais la réduit à une conscience parcellaire liée un certain nombre problème restreint.
Loin de ce « spontanéisme », il nous faut affirmer qu’en politique les idées ne tombent pas du ciel mais elles naissent et se transforment du fait de la pratique sociale.
Engagés dans des luttes diverses, les hommes acquièrent une expérience qu’ils tirent de leurs succès comme de leurs revers. Ainsi, lorsqu’ils ont accumulé suffisamment d’expérience, un « saut qualitatif » se produit par lequel les connaissances pratiques doivent se transformer en connaissances rationnelles, en idées. C’est le passage de la matière à l’esprit ou de l’être à la pensée donc aux théories, à la politique et aux plans d’actions qui les accompagnent.
Ce passage n’ayant pas été véritablement réalisé par les militants de banlieue, il est évident que de fait cela handicape fortement nos perspectives politiques. Comment proposer un réel projet si l’on n’a pas haussé au plan théorique ses propres pratiques ? Comment définir une ligne politique claire sur laquelle des gens venus d’horizons différents pourraient se rejoindre si l’on n’a pas synthétisé dans une pensée une pratique ?
On ne pourra voir l’effectivité de ces idées que par l’application de ces idées à la pratique sociale, qu’une fois que ces idées pour le moment diffuses auront été réfléchies, pensées, expliquées et appliquées.
Si les idées défendues par les militants de banlieues sont justes, ils subiront des échecs et des revers momentanés du fait que le rapport de force politique ne sera pas immédiatement en leur faveur, mais ils finiront inéluctablement par remporter des victoires. Si leurs idées sont fausses la pratique sociale les obligera à les repenser.
En passant par le creuset de la pratique, la connaissance humaine fait un nouveau « saut qualitatif » encore plus important que le précédent. Seul ce « saut qualitatif » permettra d’éprouver la valeur du premier, c’est-à-dire de s’assurer du fait que, les idées politiques élaborées au cours du processus de réflexion sur la pratique, sont justes ou fausses.
Pour que s’achève le mouvement qui conduit à une connaissance juste, il faut souvent maintes répétitions du processus de connaissance consistant à passer de la pratique à la connaissance, puis de la connaissance à la pratique.
Mais pour le moment la première étape du processus de connaissance, c’est-à-dire le passage de la pratique à l’idée, n’a pas été réellement atteint par les différents mouvements issus des banlieues.
Pourtant les chantiers de réflexions, permettant la constitution d’un réel courant de pensée politique et d’un mouvement qui l’incarnerait, sont vastes et difficiles. En effet, au moment historique qui est le notre, il ne s’agit pas seulement de s’inscrire dans une filiation idéologique et politique mais d’en créer une à partir d’expériences et d’idées diverses.
Dans ce cadre, il est évident que notre réflexion ne pourra pas être un acte purement « gratuit » et « désintéressé »[2] puisque nous voulons utiliser ces connaissances dans le but explicite de transformer la situation sociale.
Nos réflexions dans ce cadre politique ne sauraient avoir d’autre but. La constitution d’un mouvement politique nous impose de nouvelles taches théoriques, politiques et d’organisation et c’est dans ce cadre que doivent se développer nos réflexions. Parmi ces chantiers quatre nous semblent être d’une particulièrement grande importance :
- L’approfondissement de la connaissance historique des mouvements dont nous nous revendiquons en parti l’héritage non pas seulement dans la perspective de développer une connaissance purement abstraite du passé mais pour en tirer des leçons pour notre action présente.
- Quelles leçons pouvons-nous tirer de l’expérience de l’Etoile Nord Africaine puis du PPA et du MTLD, de l’activité de l’association des Oulémas, du Mouvement des Travailleurs Arabes [MTA], de la marche pour l’égalité de 1983 et des différentes expériences militantes qui se sont développées à la suite de la marche ?
- Quels enseignements tirer des pratiques militantes de ceux qui ont lutté contre la « double peine » ou contre les violences policières ou de ceux qui se sont engagés dans des associations musulmanes ? A partir de cette histoire pouvons-nous formaliser une orientation politique ?
- L’approfondissement de la connaissance historique des mouvements qui, dans les pays du Sud, ont lutté contre le colonialisme et l’impérialisme. De Gandhi à Ho Chi Minh, du FLN algérien à l’ANC sud-africaine, en passant par la lutte des Palestiniens quels enseignements pouvons-nous tirer de ces expériences ? Quelles idées développées par ces hommes et ces mouvements peuvent encore nous servir aujourd’hui ?
- Se réapproprier la pensée d’un certains nombres de penseurs et d’intellectuels qui ont réfléchi sur des questions que nous nous posons et dans des perspectives proches des nôtres : Frantz Fanon, Malcolm X, Aimé Césaire, Malek Bennabi, Edward Saïd, Ali Shariati, Mohmmed Abed al-Jabri, Amilcar Cabral… Leurs idées, même si nous devons les adapter à notre réalité sociale, nous serons nécessairement utiles pour développer notre propre projet.
- Développer notre réflexion en matière économique et sociale car tout mouvement qui se veut en phase avec la réalité sociale des banlieues, c’est-à-dire avec l’un des groupes sociaux les plus subalternisé de la société française, devra impérativement développer un discours cohérent en matière économique.
Aujourd’hui alors que la majorité de la « gauche » a abandonné les questions économiques et sociales au profit des questions sociétales, il nous parait de plus en plus urgent de s’atteler sérieusement à ces questions qui ont trop souvent été négligées.
Afin de procéder au « saut qualitatif » nécessaire au passage au politique, il sera indispensable au mouvement politique autonome de ce défaire de ses traces d’« anti-intellectualismes » sclérosants.
Cet « anti-intellectualisme » est d’autant plus inconséquent que tout homme engagé dans un mouvement politique est un intellectuel au sens ou tous les militants produisent et défendent une conception du monde, une weltanschauung, et du rapport entre les hommes même s’ils le font de manière implicite. Cela compris, il apparaît que la production d’intellectuels par le groupe social émergeant, celui des habitants des banlieues, sera une des conditions de la réussite du mouvement politique autonome.
C’est dans cette perspective qu’Antonio Gramsci affirmait qu’« une masse humaine ne se distingue pas et ne devient pas indépendante « d’elle-même », sans s’organiser (au sens large), et il n’y a pas d’organisation sans intellectuels, c’est-à-dire sans organisateurs et sans dirigeants, sans que l’aspect théorique du groupe théorie-pratique se distingue concrètement dans une couche de personnes « spécialisées » dans l’élaboration intellectuelle et philosophique »[3].
Tout groupe social pour se constituer à besoin de produire, organiquement, des intellectuels qui lui donnent son homogénéité et la conscience de sa fonction propre dans tous les domaines de la vie sociale et politique. Ces catégories spécialisées dans l’exercice intellectuel se forment en liaison avec leur groupe social. La couche intellectuelle représente la conscience du groupe social qu’elle sert en donnant au groupe social dont elle est issue une vision claire de sa propre orientation politique, sociale et culturelle.
[1] Gramsci Antonio, Textes, Ed. Sociales, page 229
[2] Un acte totalement « gratuit » et « désintéressé » en matière intellectuelle est-il possible ?
[3] Gramsci Antonio, op. cit., page 229


Salam
Des textes comme celui-la ,ça fais de décénies qu’on en produit dans la oumma, pour quelle action, quelle écoute ?
Il faut passer d’une théorisation globale, a une aplication sur l’individu, on voit bien ce que donne, les droits de l’homme, quand ils sont théorisé, sans une aplication derrière sur l’individu.
Il faut aussi casser l’équation, banlieue égale musulmans, tout, les musulmans n’habite pas en banlieue
Salam
salut...
bravo Merci à Youssef pour cette analyse
Le texte de Youcef G. à quelque chose de particulier. Les références intellectuelles qu’ils citent en revendiquant l’héritage. qui hier l’Etoile Nord Africaine, le PPA, MTLD, l’association des Oulémas, le Mouvement des Travailleurs Arabes [MTA], et aujourd’hui le MIB ,UJM , DIVERCITÉ, APPEL DES INDIGENES sont des mouvements tres peu connu ou occulter consciement ou inconsciament Nos quartiers et leurs habitants sont riches d’histoires et de traditions d’engagements.
d’abord à la différence d’ahmed ( sans porter de jugement ) qui n’a pas l’air a priori de connaitre l’histoire de toute une génération sur les luttes .il n’ya jamais eu ou tres peu un travail de mémoire sur les mouvements de résistances des quartiers populaires.c’est sur cela qui faut ce atteler il intéréssant d’écouter des régulateurs comme said bouamama, youcef girard,a/ziz chambi et d’autres qui régulent un discours dont ils n’ont pas conceptualiser ces mouvements il est temps sans cela des ahmed pensant réeinventer l’eau chaude.
je ne pense pas que la texture du texte ramene à cette équation banlieue islam
mais sache ahmed Pas de mouvement autonome sans réflexion autonome. Pas d’islam libre sans musulman autonome. Il n’y aura jamais de paix dans nos quartiers tant qu’il n’y aura pas de justice et de réelle égalité.
comme disait samir sur oumma.com
il ne s’agit pas seulement d’un probleme de création de projet politique qui explique l’echec mais c’est aussi un probleme de récupération. Les nombreux mouvements de protestation issus des quartiers populaires par exemple "la marche des beurs" ont été cadrés et récupérés par des associations comme SOS racisme. Le rôle du relais a été important, les mouvements de revendication ont été phagocités aussi par certains partis politiques comme le PS. Ces relais ont trahi l’héritage des mouvements issus des quartiers, c’est aussi une raison importante de l’echec de transmission vers le politique. Il faut aussi parler de cette trahison. Non seulement ces associations et ces partis politiques se sont pregressivement coupés de la base mais en plus ces structures de relais politiques ont été inéfficaces.
Par consequent on peut penser qu’on est jamais mieux servi que par soi même et constituer un projet politique qui assurerait le relais entre les quartiers populaires et les pouvoirs de décisions politiques. L’objectif parait interessant mais le risque de ce projet réside dans la méthode. Constituer un relais politique pour combatre exclusivement les inégalités ou injustices sociales qui frappent fortement les quartiers populaires me parait dangereux.
"Pourtant les chantiers de réflexions, permettant la constitution d’un réel courant de pensée politique et d’un mouvement qui l’incarnerait, sont vastes et difficiles. En effet, au moment historique qui est le notre, il ne s’agit pas seulement de s’inscrire dans une filiation idéologique et politique mais d’en créer une à partir d’expériences et d’idées diverses.
Dans ce cadre, il est évident que notre réflexion ne pourra pas être un acte purement « gratuit » et « désintéressé » puisque nous voulons utiliser ces connaissances dans le but explicite de transformer la situation sociale"
tres peu d’association comme pas à pas partant de référence musulmane s’approprie cette histoire des luttes.
renouer avec l’exigence de sens de notre foi d’une communauté de témoignage , et redonner corps au projet politique l’idée noble une idée qui doit devenir des actions,
des générateurs d’idées...voila ahmed puisque tu puisse tes réfléxions sur le plan spirituel écoute ses paroles de notre noble prophete swa .
que le meilleur des hommes c’est celuii qui est plus utile aux hommes.
Salam
je suis toujours émerveiler, par les discours plutot fausse modestie, qui bien parle sans jugments, et le dire en est un signe.
je ne connais pas toute l’histoire des luttes, il parait, merci de me l’apprendre, le rpoblème c’est que je parlait aps de cela, mais de toute ces analyses, qui vont bien plus loin que les banlieues, dont ils faut rappeler que beaucoup d’autre probleme, que ceux que l’on cite habituellement, dans les banlieues.
9a fais bien longtemps que je n’es pas rencontrer abdel aziz chambi(qu’allah le protège), merci du rappel.
l’eau chaude un grand sujet, mon frère, n’est ce pas, on pourrait en parler longtemps, comme d’autres sujet, dont font silence même les associations auquel tu te refères.
tu me parle e ce fameux hadith, erci dur rappel, il n’est pas sur aujourd’hui que ceux qui le sorte dans toute les conférence et texte, depuis que tariq ramadan(qu’allah le protège) l’a sité dans un livres, soient ceux qui le comprennent,e t l’aplique véritablement.
Qu’Allah, nous protègent de nous approprier la compréhension et l’aplicationd es textes de l’islam.
Qu’il donne un soultane moubine a la jeunesse, et la libère de la condescendance dont elle fait l’objet
Qu’il nous pardonne, nos parole conjecturales,e t nos silence bien lache.
Wa rabouna Rahmanou Moustane
Salam
SALUT
AHMED SIGNE LA PETITION....
PAS A PAS POUR QUAND LES ÉLECTIONS MUNICIPALES... ?
mars 2008...
Pas à Pas
Bonjour à vous tous. Je ne connaissais pas l’association pas à pas, et c’est avec un grand intérêt que je découvre votre réflexion, que je trouve pertinente sur bien des points. Il y a cependant un aspect fondamental qui m’interroge : il s’agit de votre rapport à la religion (et je ne parle pas de l’islam, mais bien de la religion au sens générique). En effet, comment concevoir un engagement politique aussi complaisant avec "l’opium du peuple", et se réclamer de la gauche et de Lénine ? Il me semble qu’il y a là une incompatibilité grave. La liberté du culte doit être un droit fondamental, mais un droit fondamental intime : la pratique religieuse doit être sécularisée et réservée à l’espace privé, quand l’espace public est le lieu du politique au sens propre (l’organisation de la vie des humains dans la cité, en dehors de toute question de parti). Le rôle du politique, dans une vision de gauche, est de produire de l’émancipation pour les classes les plus populaires, qui n’ont "naturellement" comme seul horizon politique que la volonté de ne plus être dominés (Machiavel le disait déjà !), tandis que la religion produit du "prêt-à-penser" qui est aussi condamnable que le stalinisme le plus crasse que vous vilipendez...
Il me semble aujourd’hui qu’un enjeu majeur de l’accession au pouvoir politique des habitants des "quartiers" est leur capacité à intégrer la laïcité dans ce qu’elle permet l’égalité de tous devant la république !
Alors entièrement d’accord avec l’idée qu’il n’existe pas de mouvement autonome sans pensée autonome, mais autonome y compris vis-à-vis de tout engagement religieux, pour ne pas tout mélanger...
Bonjour et merci de participer aux forums de ce site.
votre réflexion m’apparait à la fois porteuse d’un sens réel (que je ne partage pas , mais interressant, en tout cas symptomatique de notre époque) et d’erreurs de compréhensions.
Vous dites :
la pratique religieuse doit être sécularisée et réservée à l’espace privé
aucune loi ne déclare cela, il ne faut pas confondre espace privé (qui est règlementé) et sphère privée qui n’a aucune réalité juridique mais qui est une construction, un raccourci pour dire "faites le chez vous". mais la loi ne dit pas ça, fort heureusement pour tout le monde.
c’est une vision trés éloigné de ce que dit la république, c’est plutot une reflexion "anti religieuse" qui voudrait ne plus voir le fait religieux. cela va de pair avec ( et est peut être la conséquence de) :
tandis que la religion produit du "prêt-à-penser" qui est aussi condamnable que le stalinisme le plus crasse que vous vilipendez
il serait interressant de discuter avec des porteurs de foi.
si je raisonnais comme vous, je dirais :
en quoi votre prêt-à-penser est il meilleur ?
Vous vous mélangez un peu il me semble : agir en tant que citoyens porteur de valeurs universelles, qu’elles soient le fruit de l’humanisme ou de la foi (d’ailleurs l’humanisme est une croyance comme une autre) est le vrai objectif pour se ré approprier les espaces publiques et politiques.
Mais en quoi, le fait de défendre des droits (de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou de ne pas pratiquer, d’être libéral ou pas, d’avoir un toit, une école digne, etc...) est il incompatible avec la laïcité ?
Pour intégrer la laïcité et la défendre, il faudrait que vous l’étudiiez pleinement, aussi je vous renvoie au livre trés interressant de Jean Bobérot (Chaire de histoire de la laïcité à la Sorbonne "histoire de la laïcité", PUF) entres autres.
les quartiers n’ont pas de problèmes à intégrer la laïcité, c’est l’état qui a un problême pour les intégrer !!!
bien à vous
Philippe Robin, Pas à Pas
Sur la question du mouvement autonome qui va de paire avec la construction d’une pensée autonome voir à ce sujet la contribution de Sadri Khiari, un militant du Mouvement des Indigènes de la république qui s’intitule : "Face à l’offensive contre les quartiers populaires, l’islamophobie, la négrophobie…
CONSTRUIRE UNE ORGANISATION POLITIQUE AUTONOME ANTICOLONIALISTE".
http://www.indigenes-republique.org...