Ou la question de l’égalité vu de l’extérieur d’un cabinet municipal
Après avoir utilisé les émeutes urbaines de novembre 2005 pour réaffirmer des idées qui appartiennent au socialisme (promotion de l’égalité des chances, égalités au logement, à l’emploi, à l’éducation…) les grands partis, qu’ils soient de droite ou de gauche, forts d’un satisfecit non mérité se sont engagés dans la course aux urnes.
Les analyses sur les émeutes qui ont fleuri nos médias se sont vite transformées, comme il se doit en politique, en recherche et captation des enjeux financiers. Derrière la promotion de l’égalité des chances, se met en place la canalisation des subventions européennes, nationales et régionales qui se comptent en centaines de millions d’euros. Les bailleurs sociaux, les marchés publics, les chargés d’études, les commissions spéciales, tous ces maillons d’une chaîne de l’exclusion sociale sur lesquels les citoyens et habitants des quartiers populaires et d’ailleurs n’ont aucun droit de regard.
Des Martinérois et Martinéroises depuis plusieurs générations sont cantonnés dans des quartiers de seconde voir troisième zone comme Champberton, la Plaine, les Eparts, Renaudie, sans pouvoir en sortir avec pour excuse que cela bien suffisant pour eux et que les nouveaux logements ne leurs sont pas accessibles quand bien même ils le sont. Un St Martin d’Hères des riches, un St Martin d’Hères des pauvres. Des écoles pour riches, des écoles pour pauvres. Des MJC de riches et des MJC de pauvres. Des emplois pour les riches, pas pour les pauvres. Le cercle de l’exclusion est vite bouclé.
Le mépris oui, le mépris visible, ostensible, de cette municipalité envers la population musulmane se manifeste de bien des manières. Depuis plusieurs années, la mairie, au travers d’espaces publics met en place un discours idéologique qui prône l’exclusion.
Depuis les rencontres « femmes, religion, soumission » animées par mme Brenier élue à la culture de la pensée unique, où dans un monologue affligeant, caricatural et tellement faux, il était question de ramener les problématiques sociologiques de la femme du XXIème siècle à des causes uniquement d’ordre religieux sans faire l’analyse de tout ce qui culturellement, médiatiquement, professionnellement, politiquement met en place et alimente ce machisme primaire tellement français et encore trop présent.
En passant par le concept de laïcité d’exclusion prêché par Guylain Chevrier, laïcard extremiste, militant de la non visibilité du religieux au prétexte tellement invoqué de la dangerosité pour l’état.
Jusqu’à sa mise en pratique sur les mamans martinéroises qui portent le foulard en leur demandant d’enlever ce dangereux bout de tissu. Il y a semble-t-il des surfaces de St Martin d’Hères où la laïcité est réellement en danger. L’intelligence aussi d’ailleurs quand une responsable à la DRH, (...), demande qu’on enlève ce foulard dans son bureau mais pas dans celui d’a coté.
De la non reconnaissance, à la non visibilité, à l’exclusion, au mépris, le rouge tourne au brun. Mr le maire, inquiétez vous des idées et des concepts nauséabonds qui s’installent dans la ville. Une façade de gauche, une politique d’extrême droite. Oui, « goûtez aux plaisirs de l’égalité ». Quel cynisme ! Monsieur le maire, ayez honte de ce double discours au sein de votre municipalité.
Après avoir instrumentalisé une jeunesse pour faire vivre et perdurer des activités d’animation, après les avoir renié quand ils ont eu l’esprit critique de dire que les MJC ne changent pas les réalités sociologiques, après les avoir évité quand ils choisissent la liberté d’expression et l’affirmation dans l’autonomie, vient la crainte de cette confrontation politique inévitable. Mais qui est réellement capable de débat aujourd’hui ? Mesdames et messieurs les élu(e)s, monsieur le maire, nous n’avons pas de haine dans nos coeurs, juste du dégoût pour vos méthodes, et la ferme intention d’en changer.


Commentaires
Répondre à cet article