« Il est temps qu’on réagisse, parce qu’on va se faire bouffer », a sorti ce maire UMP de la Meuse, selon qui « y’en a déjà dix millions », « dix millions que l’on paye à rien foutre »
La scène remonte à lundi. Elle se déroule à Verdun (Meuse), pour un des premiers débats sur l’identité nationale cher à Eric Besson. Comme le raconte un journaliste de RTL, « la salle est à moitié vide et le public plutôt âgé ». Néanmoins, le sous-préfet prend ses précautions et demande aux participants d’« éviter tout anathème, toute insulte, toute expression d’opinion raciste ou xénophobe ».
Sans succès. Plusieurs reporters tendent leur micro à André Valentin, maire UMP de Gussainville (une commune voisine de 40 habitants, selon le dernier recensement). Interrogé sur l’opportunité d’organiser un débat sur l’identité nationale par France 2, l’élu le juge « indispensable ». Avant de déraper : « Il est temps qu’on réagisse, parce qu’on va se faire bouffer ». « Par qui ? » lui demande-t-on. Petit rictus. « Y’en a déjà dix millions », « dix millions que l’on paye à rien foutre », répond-il. A RTL, qui lui demande s’il pense qu’il « y a trop d’immigrés », il précise sa pensée : « sérieusement, je le crois ».
« Dérives xénophobes »
Une mauvaise pub pour le débat d’Eric Besson, qui a d’ailleurs condamné ce mercredi depuis le Kosovo où il est en déplacement ce qu’il qualifie de « propos xénophobes intolérables ». Le ministre ajoute avoir « sollicité le préfet de la Meuse afin d’envisager les suites qui devront y être données ».
« Notre cohésion nationale ne doit pas être la victime de ces dérives xénophobes », assure-t-il en référence aux propos du maire de Gussainville mais aussi aux contributions « racistes et xénophobes » qui arrivent sur le site du débat et pour certaines échappent à la modération.
La réaction de Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, interrogé ce mercredi par RTL sur ce dérapage, laisse en revanche pantois. « On va libérer la parole. Point. Et moi j’estime que ces sujets, c’est parce qu’on n’en a pas parlé pendant trop longtemps. »



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