
Plusieurs députés égyptiens se sont mobilisés contre le cheikh d’Al-Azhar, Mohammad Sayed Tantawi, après la publication de sa photo assis à coté du président israélien, Shimon Peres, lors de la conférence du dialogue des religions, à Kazakhstan.
Le député au parlement égyptien Mostapha Bakri, a qualifié cette rencontre de "véritable scandale". Il a critiqué le fait que le symbole et représentant de l’institution religieuse en Egypte, s’asseoit auprès de Peres, le tueur des enfants à Qana, et en Palestine.
Il a ajouté qu’après la poignée de main scandale entre le cheikh d’al Azhar et Perez, en marge de la conférence sur le dialogue des reliogions aux Nations-Unies, Tantaoui s’est assis de nouveau auprès de Peres, comme s’il voulait dire au monde que la haute institution religieuse en Egypte reconnait l’entité sioniste.
Bakri a noté que la présence de Shimon Peres à cette conférence "aurait dû être boycotté par le cheikh d’Al-Azhar", qui a présenté un modèle "choquant pour les musulmans."
De son coté, le député au parlement, Hazem Farouk, du bloc des Frères musulmans, a déclaré que quatre députés du bloc, ont présenté une série de questions au premier ministre, Ahmad Nazif, à ce sujet. Ils ont critiqué cette rencontre au moment où le sang des Gazaouis ne s’est pas encore séché du massacre de Gaza.
Ces imams de la honte
Ainsi, la bassesse de l’homme n’aurait pas de limites. Ainsi, rien, pas même la honte et l’ignominie, ne sauraient venir à bout de leurs souffles et entraver leurs sinistres marches vers l’abîme. Est-ce une ultime fuite en avant, réglée minutieusement vers l’apogée macabre de leurs destins ? Ou bien, une sorte de pulsion frénétique à tendre vers l’extase ultime de l’anéantissement, celui du suprême déshonneur ?
Aucune réponse à ces questions ne semblent pouvoir nous éclairer sur les motivations profondes et obscures de cette espèce singulière, que nous appelons l’homo islamicus.
Ce que nous enseigne la chronologie de ces vingt dernières années, eu égard à ce que l’on n’ose plus appeler, de peur de l’entacher, islam de France ou islam en France, nous en fournit seulement quelques indications.
Une fois de plus, nos indignes imposteurs de "représentants" (représentants de commerce serait plus juste, animés par la soif de vendre à tout prix, la soif du gain), entièrement déconnectés du réel, qui se verraient bien les hôtes permanent de la table du Président, n’ont pu s’empêcher d’afficher leurs jouissances, leurs jubilations baveuses, lorsque ces "sublimes"élus leurs serrèrent la main, leurs tapotèrent chaleureusement l’épaule ou leurs remirent une récompense pour bons et déloyaux services, cette fameuse légion du déshonneur. On comprend mieux ces paroles de l’Évangile, qui firent dire à Jésus, debout, face au démon, la chose suivante : "Quel est ton nom ? Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux 1."
En effet, ils sont nombreux ces hommes prêts à tout pour quelques lauriers et autres grâces élyséennes. Imprévisibles, ils sauront vous surprendre par leur art consommé de la contorsion morale, de la génuflexion politique sur le tapis de prière de la République.
Ces hommes sont capables de semer toutes les bonnes graines de la vertu islamique, vous convaincre de rester fidèle à Dieu, à vos parents et à la communauté toute entière, vous voler peut-être même, au passage, une larme, sur la grandeur des sacrifices du Noble Messager de Dieu (PBDSL), à tout le moins un frisson sur les conséquences, infernales et sans fin, de vos actes. Puis, d’un pas disgracieux, s’empresser d’aller saboter la vertueuse récolte, en y déversant le liquide funeste de la trahison....
"Le Jour de la résurrection, tout traître portera sur son derrière une grande bannière qu’on haussera à la mesure de sa traîtrise. Attention ! Il n’y a pas de plus grand traître que le responsable qui trompe ses administrés 2."
Le Laval de l’Islam de France
Voilà qu’un mercredi 10 juin, à Drancy, au coeur du 9.3, aux mains des "islamistes" , si l’on en croit la presse officielle, quelques bonnes âmes musulmanes ont eu l’idée de réunir élus, présidents d’associations musulmanes, imams et.....responsables du CRIF.
Quoi de plus naturel pour des "islamistes" que de s’attabler avec les persécuteurs du peuple palestinien ? De se gorger le bide de mets somptueux et délicats, d’échanger un verre de l’amitié et d’aller poser, comme pour une photo de famille, dans les bras de ces sympathiques bourreaux, afin d’immortaliser ce moment historique. « En politique, il n’y a pas de traîtres, il n’y a que des perdants 3. »
Qui est à l’origine de cette remarquable idée ? Un prétendu imam, de Drancy justement, Hassan Chalghoumi, qui, semble-t’il, n’en est pas à sa première forfaiture.
Formé en Syrie et au Pakistan, proche des associations juives, en particulier du CRIF et du Consistoire, Chalghoumi donne rapidement des gages de son aptitude collaborative. « J’ai pris un crédit pour acheter ma maison (ce que réprouve l’islam), je ne porte pas la barbe, je serre les mains des femmes et mes enfants sont dans le privé catholique4 », dit-il pour rassurer les RG, inquiets de son parcours.
Mû par l’ambition secrète d’incarner le Pétain de l’islam de France (Boubakeur l’a précédé), contraint de revoir ses ambitions à la baisse et se contentant du rôle de Laval, Chalghoumi avait déjà participé, aux côtés de Marek Halter, l’écrivain sioniste, de l’imam de Bruxelles, Yacob Mahi, du prêtre Mathieu Gosse et du rabbin français Michel Serfaty, à un voyage à Sderot, puis à Gaza, en mars dernier, pour parler paix et respect des religions. Ils y avaient rencontré, à grands renforts de publicités, quelques responsables palestiniens, dont un des imams de Gaza.
"Paix et respects des religions". L’intitulé est aussi noble que factice et personne n’en est dupe. Le dialogue inter-religieux invoqué par nos faiseurs de paix, ne fut que l’alibi moral, la justification la plus malhonnête de la colonisation et de la politique de terreur mené par Tel-Aviv.
Parler de dialogue inter-religieux sur la toile de fond du plus vieux conflit de notre époque, permet à ces acteurs de créer un contre-feu, de dépolitiser un conflit purement politique.
Une manoeuvre d’autant plus cynique qu’elle fut, et demeure, alimentée, en amont, par toute sortes de déclarations provocatrices, des leaders sionistes. On se souvient de la sortie d’Ariel Sharon, feu Arik, lorsque Premier ministre de l’état hébreu, il déclara que la présence importante de musulmans en France était une menace pour les juifs et les appela à émigrer en Israël.
Sur le même registre, Cukierman, ancien président du CRIF, avait déclaré que la présence au second tour de l’élection présidentielle, de Jean-Marie Le Pen, était "un message adressé au musulmans pour qu’ils se tiennent tranquilles".
Dès lors, l’islam de France est devenu un enjeu pour les organisations sionistes, qui tentent d’instrumentaliser la question de l’antisémitisme, dont serait « coupable » les musulmans, en le prétextant, et de l’islamophobie, pure « invention » des mêmes musulmans, en la favorisant, pour mieux fragiliser une communauté de cinq millions de pro-palestiniens.
C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre les efforts de la communauté juive de faire émerger des leaders musulmans, religieux, qui leur soient acquis et fassent vitrine d’un islam respectable. Des musulmans propres sur eux, pour reprendre la boutade de Vincent Geisser.
Chalghoumi, n’est que le dernier en date de ces pions, valets politiques à la solde de leurs nouveaux maîtres dont ils sont la voix, et dont l’objectif affiché est de montrer un visage républicain de l’islam, un visage qui ne craint plus la pilosité, dès lors qu’elle est siono-compatible.
Après l’échec et la compromission des notables du CFCM, rongés par l’acide corrosif de la corruption morale et rouillés par tant de prosternations, il fallait mettre en place une alternative. Favoriser la relève.
La Conférence des imams de France, du valet Chalghoumi, propulsé par les plus hautes instances du CRIF national, sur la scène médiatique, est cette relève. De leur aveu même. "Il est pour nous un interlocuteur plus favorable que le CFCM, trop influencé par la politique internationale", soutient Sammy Ghozlan, responsable du Bureau national de vigilance de l’antisémitisme."C’est un homme d’une extrême courtoisie dont les embrassades médiatiques avec le rabbin Serfaty [l’un des responsables de l’Amitié judéo-musulmane] sont utiles pour le vivre ensemble", insiste Bernard Kanovitch, chargé au CRIF des relations avec les musulmans5."
Elle forme le versant, l’aile religieuse de la collaboration politique des élites musulmanes. C’est sa principale nouveauté.
Jusqu’à présent, les marionnettes de ce sombre spectacle, étaient diplomatiques, consulaires. Boubakeur, pour l’Algérie, Moussaoui, pour le Maroc, ne sont pas des figures religieuses et n’avaient pas vocation à l’être. Du moment, qu’ils occupaient les bons sièges, les imams à leurs soldes feraient le travail pour eux, auprès des fidèles.
Aujourd’hui, cela ne suffit plus. Trop de boue finit par salir définitivement le vêtement. Il faut donc en changer. Et, à défaut d’avoir des imams en costumes, troquer le costume pour le kamis. Ce sont donc des imams ou des responsables d’associations religieuses, qui officieront à présent et prêcheront la bonne parole sioniste à leurs ouailles, en allant la puiser directement à la source. Parmi eux, citons, outre Chalghoumi, Abdelhali Mamoun, de Mantes-la-Jolie, et Kharoubi, le président de la mosquée de Versailles.
Le versant socio-économique de cette nouvelle élite de "collabeurs" , sera porté par les projets que nous mijotent l’Élysée, avec entre autre, la création de Mosaïc, regroupements de cadres économiques, au nom évocateur d’une certaine nostalgie des années 80 ou l’on parlait de beurs et de maghrébins (emblémisée par l’émission de Rachid Arhab), pas encore des los barbudos de la banlieue, et dont l’étymologie même du terme, est tout un programme.
Le déshonneur d’une fonction
Mais au-delà de ces manoeuvres politiciennes des pouvoirs publics qui, par leur naïveté et leur éphémère inconsistance, pourraient nous faire sourire, il est un fait plus grave qui ne peut manquer d’assombrir notre jugement. Le discrédit et le déshonneur ainsi portés à la fonction d’imam.
Ce que ces inconscients, dans la démesure de leurs bêtise, ne saisissent pas, est qu’en sciant la branche sur laquelle ils sont assis, ils menacent l’ensemble de l’arbre, de ruine.
Le préjudice moral de telles compromissions avec des institutions qui ont soutenu et soutiennent la politique d’assassinat du peuple palestinien, depuis l’existence d’Israël, est lourd de conséquences.
Qu’on le veuille ou non, il rejaillit sur l’ensemble de la communauté des cadres religieux, présidents d’associations musulmanes et imams.
Nulle part, vous ne trouverez de sanctuaire, où la trahison soit une chose tolérée. En tout lieux et à toutes époques, elle fut et demeure une chose honteuse, universellement réprouvée. Elle représente, plus qu’un acte condamnable et odieux, la violation d’un ordre moral et humain, fondé sur la confiance naturelle et la sincérité présumée. Un ordre qu’elle saccage et dénature allègrement, pour lui substituer celui de la duplicité, l’hypocrisie, l’obséquiosité et la peur.
Si la trahison pour un homme simple, un homme de la plèbe est une transgression innommable, elle atteint des sommets autres, lorsqu’elle touche au fond de l’âme, au fond de l’homme, à sa source spirituelle.
Ce que Péguy disait, en ces termes : « le véritable traître est celui qui vend sa foi, qui vend son âme 6 ».
Doit-on rappeler, ce qui est une évidence aux yeux de tous les musulmans : le rôle de l’imam est central, essentiel, incontournable. Il est littéralement celui qui se place devant les fidèles (de l’arabe amama), dirige la prière, éduque les âmes et les coeurs, transmet le savoir. Plus encore, il a cette responsabilité d’incarner autant que possible, à son échelle, l’excellence du modèle prophétique. Une duplication microcosmique du Prophète (PBDSL), qui par la force de l’exemplarité , nourrit le croyant de son viatique moral.
Que reste t’il de tout cela, si des imams se compromettent à la table du sionisme ?
Que peut-on espérer d’une communauté dont les éducateurs se corrompent si facilement à l’attrait des privilèges républicains qu’on leur fait miroiter ?
On répondra que ces affranchis sont minoritaires, qu’ils ne sont pas représentatifs de la communauté musulmane. Soit.
Pourtant, ce phénomène de compromission n’est pas nouveau. Il se reproduit localement et régulièrement. Il se répand comme une contagion et au fil du temps, devient banal. Jusqu’à devenir la norme.
Il est urgent de renverser la tendance, de congédier les imposteurs, de leur ôter tout crédit. Que ces collaborateurs de l’islam de France, hormis les forteresses protégées de l’Élysée, ne trouvent plus d’endroits, de mosquées ou d’associations musulmanes où ils seront les bienvenus. Qu’ils redoutent la colère des musulmans qui sont parfaitement conscients de leur double jeu. Qu’ils sachent qu’ils sont assis sur des fauteuils éjectables et que tôt ou tard, la chute est leur horizon.
Et l’humiliation, leur sort...
Notes :
1- Évangile selon Marc (5,9).
2- Hadith rapporté par Mouslim, cité in Les jardins des vertueux, de An-Nawawi, chapitre 277, n° 1586.
3- Cité in Essai sur les trahisons, d’André Thérive, édition Calmann-Lévy.
4- Le Figaro, L’imam de Drancy prône l’ouverture, 27 mars 2009.
5- Le Monde, Des associations musulmanes laïques et religieuses émergent face au CFCM, 11 juin 2009.
6- cité in Figures du traître. Les représentations de la trahison dans l´imaginaire,
des lettres européennes et des cultures occidentales, sous la direction de
Jean-Jacques Pollet et Jacques Sys, 2007.



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